Les TIC et les réseaux sociaux
Pour une nouvelle gouvernance caribéenne et la reconstruction d’Haïti 
Programme CARDICIS III

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CARDICIS III
Synthèse du projet
Etude GHRAP
Document de la réunion
Compte-rendu de la session de travail du 4 mai 2010 à Port-au-Prince
Présentation du Projet Cardicis 3 (Haïti, 04/05/2010)
Produits de la réunion
Évaluation de la réunion
Phase Post Reunion
Medias

 

METASITE

COMMUNAUTÉ CARDICIS

SYNTHÈSE DU PROJET

RÉSUMÉ

CARDICIS III se propose de tirer parti du potentiel des réseaux sociaux de l’Internet — lesquels ont joué un rôle notable après le récent séisme en Haïti — en améliorant leur articulation avec les réseaux de la société civile sur le terrain. Le projet apportera, avec l’aide des TIC, sa contribution à une participation citoyenne plus effective au processus de reconstruction en Haïti, à partir d’une perspective de meilleure gouvernance et d’une vision mieux centrée sur la région Caraïbe et son intégration.

L’objectif de CARDICIS III est d’apporter une contribution à l’articulation des efforts des sociétés civiles haïtienne, caribéenne et internationale dans un processus de reconstruction où la composante culturelle jouera un rôle à la mesure de son importance. Il s’agira également de chercher à réduire les difficultés organisationnelles liées à l’abondance d’initiatives solidaires. L’effort de CARDICIS III se concentrera sur trois niveaux complémentaires : soutien à l’organisation des réseaux haïtiens de la société civile ; soutien à l’articulation des réseaux sociaux sur l’Internet ; et articulation entre ces deux précédents niveaux.

CARDICIS III est un projet mis en place par l’Union latine, avec le soutien de l’UNESCO et de l’OIF, dont la réalisation a été confiée à FUNREDES, avec la  collaboration  solidaire du GHRAP ; il constitue une suite cohérente des actions conduites par FUNREDES sous le nom de CARDICIS (http://cardicis.org) depuis 2004, avec le soutien de l’OIF.

La mise en œuvre opérationnelle du programme se fera en trois temps :

1) Une première phase préparatoire visant notamment a : I) l’écoute de la société civile haïtienne et la compilation de ses demandes lors d’une réunion à Port-au-Prince organisée par le GHRAP ; II) l’identification de partenaires (un premier groupe d’acteurs impliqués dans des thèmes cohérents avec le projet et motivés dans sa réalisation) ; III) la préparation d’une réunion de travail avec ces acteurs ; et enfin IV) la préparation de la maquette d’un site web d’articulation, avec un premier niveau de recensement des actions d’appui à la reconstruction sur le terrain et sur l’Internet.

2) La seconde phase consistera en la tenue d’une réunion-atelier à Saint-Domingue du 21 au 25 juin 2010 — impliquant les partenaires identifiés — pour définir des lignes d’actions concrètes, en cohérence  avec l’objectif d’articulation. Cette réunion devrait notamment aboutir à la constitution d’un groupe de suivi pour la participation de la société haïtienne au processus de reconstruction et au suivi de la gouvernance.

3) La troisième phase de mise en œuvre opérationnelle proprement dite consistera en l’opérationnalisation d’un site web spécifique pour contribuer à l’articulation des différents réseaux et au début des travaux concrets du groupe de suivi ainsi que des autres actions définies dans les conclusions de la réunion-atelier.

 

Antécédents

Partant du constat que la Caraïbe reste marquée par un cloisonnement des idées contreproductif du point de vue du développement humain — , et ce, malgré les nombreux processus d’intégration économique et institutionnelle en œuvre dans la région —, le programme CARDICIS [1] (Caraïbes, Diversidad Cultural & Information Society [2]) a été initié en 2004 par l’Association réseaux & développement (FUNREDES), avec le soutien de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et la participation de l’Union latine. L’objectif du programme — fonctionnant sous forme d’ateliers de réflexion — était de sensibiliser les organismes internationaux et les acteurs de la société civile à l’importance de la prise en compte du facteur de la diversité linguistique et culturelle de la région dans la construction d’une société des savoirs partagés de la Caraïbe. Les travaux, conduits dans un souci permanent d’équilibre entre régions, langues et genre, permettaient aux participants de mieux percevoir l’identité commune de la Caraïbe, et la nécessité d’une participation proactive aux projets d’utilisation des Technologies de l’information et la communication pour le développement (TICpD).

Le programme a organisé deux réunions-ateliers : Cardicis I (Sainte-Lucie, 30 août-1er septembre 2004) et Cardicis II (République dominicaine, décembre 2005), avec la participation d’acteurs-clefs de la société civile et de nombreuses organisations internationales (PNUD, Union européenne, UNESCO, IDRC) et de la Caraïbe (CARICOM, OECS, AEC, ACURIL, etc.).

Les travaux menés ont conclu [3] à la nécessité d’appuyer la construction de réseaux de la société civile utilisant les TIC afin de favoriser l’émergence de sociétés multiculturelles des savoirs partagés ainsi que l’implication de ces réseaux dans les stratégies de développement mis en œuvre dans la région, notamment pour l’atteinte des Objectifs du millénaire (ODM).

La dynamique établie par CARDICIS a eu bien des difficultés à se maintenir de manière autonome sans le soutien des acteurs institutionnels. L’Union latine, motivée pour prendre le relais, prépara en 2009 un projet de troisième phase s’adressant à des décideurs politiques de la région pour les encourager à adopter les recommandations de CARDICIS II et à les introduire directement dans les politiques publiques. La tragédie provoquée par le séisme du 12 janvier 2010 dans la région de Port-au-Prince suscita une réflexion qui conduisit naturellement à une réorientation du projet.

De nombreux acteurs de la solidarité internationale proches d’Haïti ont été interpellés par le rôle extraordinaire joué par les réseaux sociaux sur l’Internet, formels et informels, dans les heures et les jours qui ont suivi la catastrophe. Ces réseaux ont été présents dans tous les domaines (urgence, aide, recherche de survivants, réflexions pour la reconstruction, et surtout mobilisation solidaire régionale [4] et internationale). Par ailleurs, les questions de la gouvernance et de la participation de la société haïtienne au formidable processus de reconstruction nécessaire sont devenues centrales pour toutes les personnes préoccupées par la région et la place de la culture dans les problématiques de développement.

C’est ainsi que s’est dessinée une réorientation du projet CARDICIS III qui prend en compte l’essence du processus CARDICIS dans le contexte de la nouvelle situation en Haïti et se centre sur les TIC et les réseaux sociaux afin de favoriser une nouvelle gouvernance caribéenne et la participation citoyenne haïtienne et caribéenne dans le processus de reconstruction d’Haïti.

Objectif général de CARDICIS III

CARDICIS III se propose de contribuer au processus de reconstruction en Haïti en encourageant une participation effective et informée de la société civile haïtienne, gage d’une meilleure gouvernance, à travers son articulation avec les réseaux sociaux de l’Internet nationaux, régionaux et internationaux, l’implication de la diaspora haïtienne étant un facteur transversal essentiel de ce dispositif.

Objectifs spécifiques de CARDICIS III

1. Contribuer, à travers les TICpD, à la mise en place et à l’organisation d’un réseau de Haïtiens et de Caribéens impliqués ou intéressés par la reconstruction physique, sociale, politique et culturelle d’Haïti.

2. Mettre en œuvre, avec les moyens des TIC, l’articulation de ce réseau institutionnel et humain avec les réseaux sociaux de l’Internet compétents, autour des thèmes concernés par la reconstruction [5].

3. Apporter des outils effectifs pour une meilleure organisation et articulation des réseaux impliqués, de façon à ce que l’élan de solidarité international puisse s’exprimer de manière concrète et productive et que ses composantes caribéennes puissent être privilégiées en cohérence avec l’ambition culturelle du projet.

4. Établir une méthodologie spécifique, ainsi que les instruments et mécanismes nécessaires à l'exercice et au suivi de nouvelles formes de gouvernance caractérisées par la participation proactive et la prise d'engagements des différents secteurs sociaux concernés, avec l’appui des TIC et des réseaux sociaux (en particulier ceux de la région).

Montage institutionnel

CARDICIS III est un projet de l’Union latine qui complètera son apport financier par des contributions de l’UNESCO (une demande a été présentée au titre du Programme de participation par le Bénin, Haïti, la République dominicaine et le Venezuela) et de l’OIF. Pour sa réalisation, l’Union latine fait appel à l’Association réseaux & développement (FUNREDES – http://funredes.org, ONG internationale ayant son siège en République dominicaine et fondatrice du projet CARDICIS). Le Groupe haïtien de recherches et d'actions pédagogiques (GHRAP), un institut de recherche et d’action sociale doté d’une longue expérience dans la conduite de processus participatif et partenaire des premières étapes du projet CARDICIS facilite l’implication de la société civile haïtienne, organise la première réunion de travail à Port-au-Prince, prend en charge  la réalisation des études  autour du thème de  la refondation d’Haïti.

Justification

La population haïtienne se trouve aujourd’hui confrontée à une situation de dévastation humaine et matérielle qui recommande de mettre en œuvre des lignes d'action spécifiques et concrètes visant à faciliter et promouvoir un processus de reconstruction inclusif, et au bénéfice de tous, en particulier des plus faibles, caractérisé par la participation proactive de multiples secteurs sociaux en Haïti et au dehors (spécialement dans la Caraïbe).

Résultats attendus

Il s’agira de chercher à influer sur le processus de reconstruction d'Haïti à travers les TIC comme moyen de renforcer la gouvernance de la Société civile organisée (d’Haïti, de sa diaspora et de la Caraïbe), ainsi que sur l'exercice de la gouvernance des instances et des espaces de réflexion et d'action en dehors de cette communauté. L’initiative cherchera notamment à faciliter une plus grande coopération et une meilleure interaction entre l’État et les acteurs non étatiques au sein de réseaux de décisions mixtes, publics et privés. Le programme sera réalisé dans le respect et la promotion de la diversité linguistique et culturelle de la région et fondé sur le principe du droit à l'autodétermination des peuples. La société des savoirs partagés est considérée dans ce projet comme le sujet-objet d’un processus de reconstruction qui ne se préoccupe pas seulement des éléments matériels et entreprend une démarche holistique où les moyens sont aussi importants que les fins et les résultats de la reconstruction seront aussi institutionnels et sociétaux.

Méthodologie et principales composantes du projet

Phase de préparation :

Cette phase aura pour but d’identifier et de rassembler les acteurs à l’intersection des compétences sociales et des TICpD  motivés par les objectifs du projet et disposés à apporter leur expérience et savoir-faire pour construire des solutions organisationnelles d’appui et ensuite appliquer les produits de la réunion de travail dans une démarche de suivi. La liste des participants à la réunion de travail sera déterminée à partir de critères individuels (compétence et motivation) et collectifs (équilibre dans la représentation des sexes, secteurs, tendances, etc.). Ce groupe sera constitué de personnes en provenance de 5 groupes : Haïti-local, Haïti-diaspora, République Dominicaine, Caraïbe, international.

Elle comprendra également les activités préparatoires à la réunion de travail, sur le plan de la logistique, de la méthodologie et du contenu.

Enfin, cette phase préparatoire sera mise à profit pour la réalisation de la maquette du site web d’articulation répondant aux objectifs proposés et qui sera alimenté par un premier travail de recensement et classification d’initiatives, ceci dans la perspective de la création du site de référence prévu en phase 3. Ce site de veille pour l’action et la concrétisation du soutien à la reconstruction comprendra notamment un répertoire des projets et de leur financement, les contributions intellectuelles des divers secteurs pour la reconstruction d’Haïti ainsi qu’un historique de la solidarité qui s’est exprimée après le séisme. Ce site qui servira de base pour l’articulation des réseaux sociaux pertinents devra être à la fois un site de référence du fait des informations qu’il présentera et un site pratique par les moyens de communication qu’il offrira.

Réunion de travail

Un atelier-réunion se tiendra du 21 au 24 juin 2010 en République dominicaine. Devraient y participer les personnes identifiées dans la phase précédente qui seront accompagnées par divers organismes internationaux, des acteurs économiques de la région et les autorités des États concernés ayant un pouvoir de décision.

Cet atelier se proposera d’analyser les thématiques suivantes :

L’implication de la société haïtienne dans les politiques publiques qui seront adoptées pour la reconstruction d’Haïti et dans les projets prioritaires qui seront définis.

La conservation d’une trace historique de l’effort de solidarité et la recherche de stratégies et de moyens pour réduire l’obstacle organisationnel résultant de la prolifération des initiatives solidaires.

L’apport des TICpD pour une meilleure articulation des initiatives, entre elles et avec la société civile haïtienne.

Les stratégies et moyens pour que le processus de reconstruction prenne en compte la perception citoyenne des besoins et s’inscrive de manière cohérente dans le contexte culturel haïtien et caribéen.

Il devra apporter des recommandations concrètes dans le cadre de l’utilisation des TICpD et un plan d’action à réaliser dans la phase suivante, avec le soutien engagé des organisations internationales.

Points départ de l’atelier :

Historique du projet CARDICIS

Documents de proposition du GHRAP  en ce qui a trait à :

1. l’articulation de la société civile haïtienne à CARDICIS III  durant la phase de relèvement,   

2. la production des études autour de  la refondation 

Synthèse du recensement partiel d’initiatives

Présentation de la maquette du site web

Brève présentation des initiatives présentes ou représentées

Format de l’atelier :

Plénière pour la définition de la méthodologie et l’organisation des groupes de travail

Séparation des participants en groupes de travail

Synthèse et débats autour des productions de chaque groupe de travail

Production des documents de consensus

Résultats et conclusions et préparation des éléments qui seront transmis à la réunion de synthèse

L’atelier sera suivi d’une réunion protocolaire et de synthèse le 25 juin 2010.

Produits attendus de la réunion :

des recommandations et un plan d’action ;

les spécifications externes pour passer de la maquette proposée au site Internet de veille, articulation et synergie pour le processus de reconstruction ;

la constitution d’un groupe de suivi du plan d’action ;

un engagement de financement de la part des organisations internationales.

Phase de mise en œuvre :

La définition de cette phase et de ses modalités de fonctionnement sera l’un des principaux produits de la réunion ; elle devrait démarrer immédiatement après la fin de la réunion sous réserve de la disponibilité de moyens financiers.

Le déploiement de ce projet d‘articulation, de recherche, de synergie et de catalyse des initiatives existantes ne devrait mobiliser qu’une fraction extrêmement marginale des moyens mis en œuvre pour la reconstruction, pour un résultat attendu significatif sur les plans culturels et organisationnels.


[1] http://cardicis.org

[2]Dans les documents relatifs au projet, l’expression « sociétés des savoirs partagés » est préférée à celle de « société de l’information ». Elle demeure néanmoins dans le titre pour obtenir un sigle de projet parlant.

[3] Voir les résultats de la deuxième réunion : http://cardicis.org/r2.php?lan=fr&pg=r2Productos.

[4]La solidarité des pays de la région Caraïbe, et en particulier de la voisine République dominicaine, a été saisissante et les médias internationaux, plus intéressés par l’importance de l’élan survenu aux États-Unis et en Europe n’ont pas assez rendu justice à un événement porteur d’espoir pour le futur de la région. Il faut aussi souligner que l’élan de solidarité a connu des échos particuliers dans des pays ayant en partage une partie de l’héritage haïtien comme certains pays africains ou le Brésil.

[5]En particulier, celui de la prévention des catastrophes naturelles, problématique commune à l’ensemble des pays de la région, qui devra être nourri par cette expérience.